“Comment créer une souris gamer?”

Lorsqu’on a annoncé le lancement de notre souris, beaucoup se sont interrogés sur comment on a fait. C’est assez simple, je vais vous expliquer tout çà.

Il existe deux moyens pour avoir une souris avec votre logo dessus.

La première méthode, c’est de trouver un fournisseur, leur demander de mettre votre logo dessus et c’est fini. Point.

En général ce sont les nombreuses marques no name qui utilisent cette stratégie. Pourquoi? Tout simplement parce que les coûts de développement sont nuls. Il y’a un produit déjà dispo, vous achetez une marchandise rebadgé et on revend çà.

Le soucis, c’est que ce sont souvent des capteurs Pixart 3050 / 3310 / 3325, des capteurs entrés de gamme ayant entre 2400 et 5000 DPI max. Bien pour de la bureautique, bien pour des joueurs n’ayant pas trop de moyens, horrible pour les joueurs de haut niveau.

Plus rarement, une marque d’envergure internationale (inutile que je vous cite des noms particuliers vous les connaissez tous ) trouve un design développé par une grosse usine chinoise et signe un contrat d’exclusivité. L’usine conserve le brevet du design, et la marque derrière exploite en exclu le design.

La seconde méthode, c’est de partir de zéro, et de tout développer from scratch.

Les grosses marques, pour se distinguer de la concurrence fabriquent leur propre design.

Comment çà se passe?

Vous imaginez un design, vous le mettez sur papier. Ensuite, vous réfléchissez au cahier des charges exactes et vous contactez une usine.

Un designer s’occupera de faire une maquette 3D et une imprimante 3D vous donnera une première prise en main. Vous savez maintenant si votre idée vaut la peine d’être exploitée ou si c’est à jeter à la poubelle avant de perdre de l’argent à créer un produit commercialement non viable.

À partir de là, il y’a 3 grosses partie du boulot à faire.

Pour commencer, on détermine les spécifications générales. La taille de la souris, le capteur, les switches. Ensuite, on détermine les spécifications de la partie interne du moule. La place à laisser à la carte mère, aux switches, au capteur optique.

Ensuite, dessiner les moules. On regarde la forme de la souris, on regarde comment on pourrait séparer la souris en différents morceaux moulables et encastrable. À partir de là, on en fait un modèle 3D, sur lequel on va travailler.

C’est sans doute la partie la plus onéreuse du projet. Graver un moule, tester, assembler, vérifier que la précision est parfaite. On obtiendra ainsi des coques pour la souris. Un moule à injection pour plastique ABS coûte plus ou moins dans les 20 000€ suivant la complexité, pour un poids d’environ… 400 kg.

Un moule, une fois mis en service permet de faire des centaines de milliers de moulages. Il faut comprendre que c’est un investissement à long terme.

Suite du travail, il faut déterminer le layout interne. En gros, dessiner la carte mère, avec l’électronique.

Pour faire simple – très simple – votre ordinateur communique avec un MCU (Micro Controller Unit ) un micro contrôleur quoi. Il existe différentes gammes, offrant un espace de stockage plus ou moins important et vous permettant d’injecter des firmware plus ou moins complexes dedans.

Ensuite, ce micro contrôleur est connecté au reste du circuit, notamment les LED pour le RGB, les switches pour détecter les clics, la molette pour le scolling et bien entendu, le capteur optique.

Voici un diagramme typique d’une souris :

Pour vous donner une idée claire, un micro contrôleur ressemble à un mille patte et chacun de ces pattes est connecté au reste du circuit pour recevoir / envoyer des signaux, qui se transforment en changement de couleur pour les LED, changement de DPI, changement de fréquence, renvoyer des informations à l’ordinateur etc.

Une fois le diagramme fait, on dessine un circuit contenant tous les éléments du diagramme sur une carte mère. Le format de la carte mère doit impérativement respecter l’espace interne décidé en amont lors de la fabrication du moule.

À partir de là, vous avez donc la coque, le circuit imprimé, les différents composants et on passe à l’assemblage.

Vous avez donc un premier prototype, avec la liste des composants (aussi appelé BOM ), les plans, les moules. Bref un produit fonctionnel.

Et là, on passe à la production industrielle.

Mais du coup vous n’avez pas raconté l’histoire du Dragon Slayer?

Et du coup, nous on se situe où dans cette histoire? Euh… Entre les deux. Soyons réaliste, la conception d’une souris à partir de 0 est un processus long et coûteux. Surtout coûteux pour être franc.

Et le coût le plus important reste le moule.

Pour éviter l’énorme investissement que représente le moule, on a donc cherché parmi des milliers de modèles proposés par des fournisseurs.

Quand on a trouvé par un pur hasard le moule sobrement intitulé “MG003”, et quand on a testé la prise en main, on savait qu’elle allait plaire.

Suffisamment grande pour la plupart des mains, les côtés formants une espèce de gouttière pour la soulever facilement. Extrêmement confortable. Bref, une pépite rare.

Cependant, comme dit au premier paragraphe :

Le soucis, c’est que ce sont souvent des capteurs Pixart 3050 / 3310 / 3325

La souris d’origine contenait un Pixart PMW 3325… on a donc contacté l’usine, on leur a demandé si on pouvait faire des customisations dessus. Par chance, c’était possible.

On a donc procédé à des modifications du moule notamment parce que le format du PMW 3325 n’avait rien à voir avec celui du PMW 3360.

Le PMW 3325 utilisait une source infrarouge extérieure tandis que le PMW 3360 embarquait directement la source d’infrarouge. Et là où la lentille était déposée sur la coque basse de la souris pour un PMW 3325, elle était clipsée au PCB pour le PMW 3360.

Bref, des modifications structurelles pour s’adapter au capteur. Ensuite, on a fait reconfigurer les branchements de la carte mère et enfin, on a eu notre souris.

Je pense sincèrement que le lancement du Dragon Slayer était à la fois le fruit d’un énorme hasard mais aussi le fruit d’une recherche acharnée.

Ce que vous pouvez être sûr, c’est que les prochains modèles de souris suivrons une conception 100% homemade, tout simplement parce que les chances de retrouver une seconde pépite comme le MG003 sont inexistantes.

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