À ma grande surprise, je reçois souvent des questions du type “C’est quoi un switch?” “C’est quoi la différence entre les switches? ” “Je dois choisir lequel pour mon utilisation? “

Ainsi que les questions du type “C’est quoi un clavier à membrane? C’est quoi un méca membrane? C’est quoi les switches optiques? “

Apparemment j’ai la tête tellement dans le guidon en train de m’occuper de la recherche et développement que j’oublie parfois d’expliquer la base.

Donc… ben… accrochez vous, on va faire un très long billet pour expliquer et démêler le bazar.

I/ C’est quoi un switch? C’est quoi un interrupteur?

Commençons par le commencement. Un switch, ou interrupteur en Français, c’est un interrupteur tout simplement. Vous appuyez dessus, ça ferme un circuit électrique et ça fait passer un courant. Quand le courant passe, une frappe est détectée par l’ordinateur.

Vous voyez ce truc avec la tête bleu? C’est un interrupteur. Quand vous appuyez sur la touche, la partie bleu s’enfonce et met en contact deux connecteurs, ce qui ferme le circuit, fait passer un courant électrique et permet à l’ordinateur de détecter la frappe. Tout simplement.

On parle souvent de switch “Blue” “Red” “Brown” “Black”, c’est quoi?

Ces interrupteurs, correspondent à un code couleur. Le MX Red (rouge ) sont traditionnellement des interrupteurs de 45 centinewton à course linéaire. Les MX Blue (Bleu) sont des interrupteurs clicky et tactile. Enfin, les MX Brown sont des interrupteurs tactiles silencieux.

Hein?

En fait, si on résume l’histoire, il y’a 3 types d’interrupteurs. Les linéaires, les tactiles et les clicky, le code couleur permet de distinguer le type et la puissance du ressort en dessous.

Et ça signifie quoi, linéaire, tactile et clicky?

Comme vous avez dû vous rendre compte, chaque interrupteur est une unité physique bien distincte. Il est donc possible de fabriquer des interrupteurs avec différents types de ressors et différentes structures… ce qui donne un ressenti différent.

Commençons par expliquer les interrupteurs linéaires.

Les interrupteurs ont une course… linéaire. Tout simplement. Plus vous appuyez fort, plus ça s’enfonce. Le trajet, la course, est douce.

Ainsi, vous appuyez dessus et ça glisse doucement jusqu’au fond. C’est l’un des interrupteurs les plus populaires, pour deux raisons :

1/ Le silence.
2/ La réactivité.

Ensuite, nous avons les interrupteurs tactiles.

Les interrupteurs tactiles donnent un retour tactile, c’est à dire que vous allez pouvoir l’enfoncer, puis il va y’avoir un espèce de cran où il faut augmenter la pression pour la passer. Une fois ce cran passé, la touche s’enfonce comme dans du beurre jusqu’au fond.

En pratique, on a l’impression que la touche vibre à chaque fois qu’on appuie dessus. C’est ce qu’on appelle justement, le retour tactile.

Donc interrupteurs tactiles = vous avez une confirmation que la touche s’est activée grâce au feeling ressenti.

Enfin, nous avons les interrupteurs clicky

Les interrupteurs clicky donnent pratiquement le même ressenti que les Brown. Les interrupteurs clicky sont aussi tactiles. Vous pouvez donc vous attendre à la même sensation.

À une différence prêt! Les interrupteurs clicky sont… clicky. Ils font un “clic clic clic” sonore à chaque fois qu’ils s’activent.

Ce sont les interrupteurs les plus bruyants. La légende raconte que ces interrupteurs ont forcés pas mal d’acheteurs à dormir sur le canapé à cause d’une personne mécontente dans le foyer…

Du coup, je dois prendre lequel?

Question qu’on me pose souvent, sachez qu’il n’ y a pas de “meilleurs switches”. Simplement un “prenez ce qui vous plaît”. Les plus répandus sont les Red, silencieux, polyvalent. Derrière on a les Blue pour ceux qui aiment dormir sur le canapé et enfin on a les Brown pour ceux qui aiment la sensation tactile mais qui n’aiment pas dormir sur le canapé.

Et du coup, vous vous allez proposer lesquels?

Je précise juste un point important, pour ceux qui ne vont PAS acheter notre clavier. Sachez pour ceux qui vont acheter chez les autres marques que les interrupteurs sont soudés sur la carte mère. Et à moins que vous n’ayez les compétences pour désassembler un clavier et déssouder, le choix du switch à l’achat est définitif.

Dans notre cas, nous aurons 4 versions pour le clavier. On aura du Gateron Rouge, du Gateron Brown et du Gateron Blue ainsi qu’une version barebone, sans switches.

Ce qui nous permet ainsi que couvrir 100% des choix de la population.

De plus, je précise que sur le Champion’s Bane, les switches ne sont pas soudés. Comme vous pouvez le voir, la soudure a été remplacée par un socket ce qui permet de changer les interrupteurs simplement en les déclipsants. Et donc, vous pourrez changer à l’envie les interrupteurs, même après l’achat.

II/ C’est quoi un clavier à membrane? Un méca-membrane?

Les claviers mécaniques étaient les premiers claviers lancés sur le marché. Ils étaient endurants, increvables même mais ils avaient un défaut… le coût.

Et donc pour démocratiser les ordinateurs, il fallait un clavier moins onéreux. C’est là qu’intervient le clavier à membrane. Comme vous avez pu le constater sur la partie au dessus, sur un clavier mécanique, il y’a un interrupteur sous chaque touche.

Eh bien pour un clavier à membrane, il y’a deux membranes pour tous le clavier.

Euh… ça marche comment un clavier à membrane du coup?

Pour un clavier à membrane, on a deux membranes sur lesquels il y’a un circuit.

Quand vous appuyez sur une touche, la touche écrase un dôme en silicone. Le dôme en silicone en retour, écrase les deux membranes et les mets en contact. Ce qui permet de faire passer un courant électrique.

Cette technologie permet de faire des claviers d’une qualité tout à fait acceptable à 15€ environ.

Et du coup, les méca-membranes, c’est quoi?

Les méca-membranes sont de simples claviers à membranes. Sauf qu’en plus du dôme, on ajouter une armature en plastique, permettant d’offrir une meilleure stabilité.

Sur le fond, la durabilité d’un clavier méca-membrane est la même qu’un clavier à membrane classique. Il me semble peu pertinent de dépenser plus de 30€ sur un méca-membrane, même un qu’on considère très bon, rappelez vous… Ce n’est qu’un méca-membrane! De l’entrée de gamme avec une durée de vie de 3 à 5M de frappes au maximum…

III/ Les switches optiques et magnétiques

Et du coup on avait aussi parlé des switches optiques, c’est quoi?

Comme vous l’avez compris sur la première partie, un interrupteur est euh… un interrupteur. Vous appuyez dessus, ça met en contact un circuit et la frappe est détectée.

Mais il existe un autres moyen. Celui des switches optiques. Ce coup ci, on utilise plus de contacteurs en métal… mais la lumière. Le fonctionnement est super simple.

Vous avez un émetteur de lumière. Vous avez un récepteur de lumière. Tant que la lumière passe, tout va bien. Par contre, quand vous appuyez sur une touche, l’interrupteur va s’enfoncer et se placer entre le récepteur et l’émetteur. Résultat? Il n’y a plus de lumière qui passe.

Quand la lumière est coupée, une frappe est détectée.

Il y’a quoi comme avantage en comparaison d’un interrupteur mécanique?

Comme vous avez pu le comprendre, un interrupteur optique ne touche pas le récepteur et l’émetteur. Il n’y a ainsi pas de contact physique et donc, pas d’usure possible.

Mais alors pourquoi vous n’avez pas utilisé cette technologie?

C’est très simple. Il suffit qu’un seul émetteur sur les 104 que possède votre clavier tombe en panne pour que le clavier parte directement à la poubelle. Les émetteurs et récepteurs sont installés sur la carte mère par des machines, avec une précision au dixième (ou centième? J’ai oublié ) de millimètre près. Impossible pour vous de réparer quoi que ce soit, alors que dans le cas de notre clavier, chaque touche peut être remplacé jusqu’à 100 fois.

Ah et c’est quoi les switches magnétiques du coup?

C’est une technologie gadget.

Ah?!

En gros, cette technologie se repose sur l’effet Hall. Grosso merdo, quand vous approchez un aimant d’un courant électrique, l’aimant influence la valeur du courant.

Et en mesurant l’influence sur le courant, vous pouvez en déduire la position du switch.

Ainsi, il est possible de faire un clavier analogique.

Exemple typique :

Vous jouez à un jeu de course automobile. Plus vous appuyez sur une touche, plus le volant tourne.

Il est aussi possible de faire un clavier où il est possible de régler la distance d’activation.

Exemple :

On fait en sorte que dès que la valeur du champs magnétique dépasse x, une frappe est détectée. La valeur de x étant librement réglable.

Mais pourquoi vous utilisez pas cette technologie?

Pour deux raisons.

1/ C’est gadget. Il n’y a pas de jeux compatibles quasiment et il n’ y a pratiquement aucun intérêt à en avoir.

2/ Le coût du développement. Franchement, on a pas que ça à faire de dépenser des fortunes sur une technologie qui ne marche avec pas grand chose.

En fait, si je devais résumer, le développement du Champion’s Bane a été guidé par l’utilisation en situation réelle plutôt que l’envie d’intégrer des technos gadget.

Bref. Si vous avez des questions n’hésitez pas à les poser en dessous =)

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