Le Bane étant un succès, je peux désormais passer à la suite du programme. Jusqu’ici je ne m’étais jamais attaqué au wireless à cause de la complexité.

Avec un peu plus d’expérience ( et surtout un budget R&D stable ) je peux désormais m’y atteler. La difficulté du projet “DH01” sera plus élevée que celui du Bane. En fait, le Bane se base sur une solution logiciel “tout en un” proposé par un fournisseur, ce qui me déchargeait d’un travail considérable.

Cette solution ne sera pas viable pour une souris wireless.

Laissez moi m’expliquer. La plupart des fournisseurs de microcontrôleurs ne vous vendent pas juste le microcontrôleur. Ils vont aussi vous proposer le firmware (le micro logiciel ) avec. Cependant il y a un énorme problème : le catalogue de ces fournisseurs de “solutions tout en un” ne propose pas les puces les plus récentes.

Or il me fallait absolument ce qui se fait de mieux en terme de microcontrôleur et encore plus important, un accès au code source, ce qu’aucun, je précise bien aucun de ces fournisseurs de solution n’accepte.

“Pourquoi tu veux un accès au code source, Christophe? “

L’accès au code source me permettra non seulement de vérifier ce qui a été fait mais aussi au besoin d’y apporter des améliorations. L’accès au code source, c’est la garantie de pouvoir faire évoluer son matériel, de développer son propre logiciel, de changer de fournisseur de microcontrôleur quand on veut comme on veut.

En bref, la liberté.

Je vais essayer de vous présenter le déroulement du développement. Je reste relativement laconique sur les détails tout simplement parce que si je développe chaque partie ici même, ça risque plus de ressembler à une thèse de 50 pages qu’à un article de blog. Par contre, de nombreux articles viendront compléter cet article, qui servira de fil rouge. De même, vous retrouverez des sections qui à l’avenir seront remplacées par des liens vers les articles complémentaires.

On peut grosso modo séparer le projet en 5 phases majeures :

  • Hardware
  • Firmware / Software
  • Structure
  • Production
  • Logistique

Phase 1 : Hardware

La première phase concerne le hardware. C’est la phase développement du circuit imprimé, avec l’ensemble des composants le constituant.

Cette phase se décompose ainsi :

Phase 2 : Firmware / Software

La seconde phase est particulièrement complexe. Durant la phase 2, on devra non seulement créer le micrologiciel permettant de piloter la souris, gérer le protocole de communication sans fil mais aussi la gestion de la batterie.

À partir de là, nous pourrons développer un logiciel sur PC capable de communiquer avec le micrologiciel de la souris, nous offrant le contrôle des réglages, le fameux (et maudit ) driver.

En gros :

  • Créer le firmware permettant de contrôler la souris
  • Ce firmware devra aussi être capable de gérer la batterie
  • Nous allons devoir travailler le protocole de communication sans fil de la souris pour assurer une latence réduite au minimum
  • Créer un logiciel permettant non seulement d’envoyer des instructions à la souris (tel que le changement de DPI, les macros, le ré-assignement des touches… ) mais aussi de récupérer les informations de la souris (état de la batterie, la qualité de la connexion, etc etc. )

Phase 3 : Design et structure

La phase 2 est la phase la plus complexe, la phase 3 est la plus coûteuse. La troisième phase englobe la création du design de la souris (la forme, la prise en main ), mais aussi la structure interne de la souris.

Il est par exemple, tout à fait possible de faire deux souris strictement identiques de l’extérieure mais qui n’ont rien en commun une fois ouverte.

Une fois la structure créée, il faudra choisir les matériaux et procéder à la gravure des moules, la création des moules est l’étape la plus coûteuse de ce projet.

Résumons :

  • Créer un design pour la souris. Non seulement il faut un design plaisant mais en plus ce design doit aussi proposer une prise en main ergonomique et confortable.
  • Imaginer la structure interne. Certes, vous ne la voyez pas mais une structure interne bien pensée change totalement la donne en terme de difficulté d’assemblage et le ressenti une fois en main. Si la structure est bonne, l’assemblage est facilité, la souris ne couine pas en main (“HAHAHA Très drôle! “) et le poids est bien équilibré.
    De plus, la structure interne est aussi un facteur primordial par rapport au poids de la souris.
  • Une fois les précédentes étapes effectuées, nous allons choisir les matériaux. Vous devez comprendre que les matériaux ayant des propriétés différentes ne seront pas injectés de la même manière dans les moules et donc le choix des matériaux est à faire en amont de la gravure des moules.
  • La liste des matériaux en main, nous allons procéder à la gravure des moules. Je me rappelle d’une personne se prétendant “designer” me disant que c’est l’affaire de 30-40 minutes de travail de faire une structure. C’est en réalité beaucoup plus compliqué.
    Je ferai un article complet dessus, mais vous devez comprendre que 2 pièces strictement identiques peuvent avoir des moules totalement différents.
    Un moule à injection de plastique industriel, ce n’est pas un moule à gâteaux. Les moules possèdent un système de refroidissement, une logique dans le flux de plastique fondu, peuvent produire un/plusieurs copies de la pièce, acceptent des paramètres différents en terme de pression d’injection, température, vitesse… Ce qui nous mène à la sous-problématique suivante.
  • Le calibrage des moules. C’est là que nous allons trouver les paramètres optimaux d’injection, tel que la vitesse, la pression, la température d’injection, la température du moule, le temps de refroidissement…

Phase 4 : La production

Pour le Bane, c’est à cette étape là que j’ai fait “Aboule le fric 😀 ” et honnêtement, je pense faire de même pour le projet DH01. Les précommandes de la souris serviront à partiellement financer la production, parce qu’avant d’arriver à la phase 4, c’est 35-40k€ de dépenses.

La phase 4 correspond à la production, celle où je transforme des prototypes à plusieurs centaines d’euros pièces en une souris que je peux vendre sous les 100€, taxes et frais de port inclus.

La phase production se sépare en 5 sous étapes.

  • Imaginer et optimiser le process d’assemblage. Assembler une souris, tout le monde peut le faire. Assembler 1000 souris en un temps record, sans erreurs, avec une qualité constante… il faut un process d’assemblage.
  • Les certifications à faire passer au produit. Les certifications CE, RoHS permettent à ces souris d’entrer dans le territoire Français.
  • Commande des pièces détachées aux différents fournisseurs. Alors… je sais que ça vous paraîtra étonnant mais l’usine avec laquelle je travaille se contente en fait de faire l’assemblage. La fabrication du circuit imprimé, la soudure des composants de surface, l’injection de plastique ect ect… sont réalisées par des sous traitants.
  • Il y a bien entendu l’assemblage en lui même où ces pièces se transforment en un produit palpable et utilisable.
  • Puis le contrôle qualité, parce qu’il n’y a rien de plus frustrant que d’attendre des mois pour recevoir un produit défectueux.

Phase 5 : Logistique

Une fois les 4 précédentes phases accomplies, il nous reste plus que la logistique, qui consiste à transporter de la marchandise sur 12 000 km et à la dispatcher chez des centaines de personnes.

  • Il y a le transport maritime, via un porte-conteneur
  • Le passage en douane Française
  • Le transport terrestre vers le logisticien
  • Le logisticien qui le dispatch avec les différents transporteurs (DPD, Chronopost etc… )

Et réception chez vous.

Sauf si je deviens fou entre-temps et que vous me retrouvez à l’asile. Si jamais ça arrive, pensez à m’apporter un bout de saucisson sec avec une bière Rince Cochon aux Fruits Rouges, ce sera cool.

Sinon, dernier point, vous pouvez vous inscrire ici aux précommandes. Je n’ai strictement rien à vendre pour l’instant mais ça m’intéresse de savoir combien de personnes veulent la précommander.

Inscription aux précommandes du DH01

Laisser un commentaire